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Passion, sérieux du travail, sens du détail et de la finition, sont notre credo
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RENAULT 4CV SPORT 1955 Restauration complète
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Une jolie 4cv sport de 1955 arrive à l'atelier pour une restauration complète. La voiture roule et présente plutôt bien quand on la regarde de loin...mais sous une peinture un peu approximative, d'une autre couleur que celle d'origine, de nombreux défauts de carrosserie sont présents.
Le véhicule étant destiné à servir souvent et à rouler sur de longues distances, son propriétaire souhaite apporter quelques modifications de la sellerie et de la mécanique, pour plus de confort d'utilisation dans la circulation actuelle.
Les travaux à venir sont donc : - Restauration de la carrosserie - Réfection et préparation moteur - Réfection périphériques moteur - Réfection complète des trains roulants - Réfection complète du freinage - Restauration de la sellerie |
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Démontage du véhicule :
Les travaux commencent logiquement par le démontage complet du véhicule, point de départ évident de toute restauration dans les règles de l'art.
Nous le répetons souvent, mais rappelons ici encore une fois que les opérations de démontage, simples en apparence, ne sont pas si "basiques" que cela, le démontage est au contraire une phase cruciale de la restauration de tout véhicule.
En effet, c'est là qu'une grande partie du diagnostic est faite: c'est lors du démontage que l'on constate les jeux anormaux, les zones corrodées ou déformées, des filetages prisonniers détruits, que l'on peut repérer un sens ou un ordre de montage, etc...
Il ne s'agit donc pas simplement de démonter frénétiquement des éléments sans soin ni attention et de les poser sur des étagères, mais de faire, à chaque étape, et pour chaque pièce, une analyse de leur état et un diagnostic en vue des travaux ultérieurs.
Le démontage débute par la dépose de l'intérieur, des vitrages, et des accessoires de carrosserie.
Les ouvrants sont alors déposés.
Il est temps de démonter toute la mécanique !
Toutes les gaines, câbles de commande, canalisation de freinage et d'essence, sont démontés. Le pédalier est également déposé.
Il est temps de séparer le groupe motopropulseur de la caisse. L'opération est relativement simple sur une 4cv, puisque 6 points de fixation seulement maintiennent l'ensemble moteur/boite/train arrière/refroidisssement sur la carrosserie !
Le train avant suit le même chemin. Par chance, rien n'est grippé trop sévèrement, et hormis l'accès au flector de direction qui est toujours aussi désastreux, les deux demi-trains se laissent démonter sans trop de difficultés.
Le circuit électrique peut alors quitter la caisse. Tous les fils sont soigneusement repérés, les connecteurs conservés câblés quand c'est possible, afin de faciliter le remontage...même si il n'est pas certain que ce faisceau sera conservé.
Toutes les pièces sont classées par catégories, étiquetées, rangées et stockées.
La caisse, à présent totalement nue, est posée sur un chariot de mantutention, direction l'atelier de carrosserie ! |
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Travaux de carrosserie et peinture :
Les travaux de démontage ont montré que la carrosserie est dans un état apparent étonnament bon, sans zones corrodées très étendues. C'est ce qui a amené la décision de ne pas sabler le véhicule a priori, mais de procéder de manière classique par ponçage.
Mais il faut toujours se méfier d'un véhicule repeint, même un oeil averti a du mal à détecter à coup sûr ce que cache une peinture récente...une tôle saine et bien préparée, ou 1 cms de mastic ou de "choucroute" appliquée à la va vite pour masquer des dégâts importants ?
Ici heureusement, les premiers passages de la ponceuse montrent que tout va bien. Bien entendu, il y a bien quelques pointes de corrosion dans les angles des portes; ou les retours de fixation des ailes...mais rien de grave.
Toutes ces zones sont reprises avec des greffes de tôle, il n'est évidemment pas question de simplement traiter et masquer...
Les ouvrants, ainsi que les ailes et la caisse totalement nue, sont mis en apprêt.
Le dessous de la caisse et les passages de roues sont totalement décapés, traités contre la corrosion, et garnis d'un antigravilonnant fin, peint couleur caisse ensuite.
Après un temps de séchage et désolvantation plus que confortable, la peinture est appliquée. Il s'agit d'un vert Atlantique, proposé au caalogue 4cv de 1952 à 1956.
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Travaux d'électricité :
Le faisceau d'origine est dans un bon état de conservation, les fils ne sont ni abîmés ni craquelés, les plastiques encore souples.
Il sera donc conservé, après un remplacerment complet de la gaine, en particulier pour préserver l'aspect esthétique inimitable des manchons de couleur sur les borniers.
Un passage en 12v est effectué. Cela permettra de bénéficier d'un peu plus de confort, et de tranquilité d'esprit en cas de voyage de nuit, mais aussi de monter quelques accessoires (prise usb, manos supplémentaires au tableau de bord, etc...) bien utiles.
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Travaux de sellerie :
Le faisceau électrique étant reposé sur la caisse, les travaux de sellerie peuvent débuter !
Une amélioration de l'insonorisation étant prévue, une mousse double densité est posée sur le pavillon, avant l'installation du ciel de toit, réalisé sur mesure.
De même, la cloison arrière est recouverte de feuilles d'insonorisant lourd, afin de filtrer le bruit autant que les vibrations de tôles éventuelles. Un couche de thibaude complète le garnissage, avant la pose de la plage arrière et des garnitures de passages de roues.
La banquette arrière et les sièges avant sont restaurés et regarnis. Il est à noter que les sièges avant sont des modèles de Dauphine, plus épais, que notre client a souhaité utiliser à la place de ceux d'origine. Le véhicule étant en effet destiné à rouler beaucoup, et parfois sur de longues distances, ils seront bien plus confortable que les sièges d'origine de la 4cv, très basiques. |
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Réfection du train avant :
Le temps est venu de reposer la caisse sur ses roues !
Toutes les pièces constituant les trains roulants sont sablées, puis peintes à la peinture époxy.
Tous les silentblocs, les butées caoutchouc, les axes, sont remplacés par des pièces neuves. Des amortisseurs neufs sont préparés.
Les pivots sont reconditionnés, par l'utilisation d'axes neufs, et la pose de bagues neuves dans les moyeux. Les rondelles de calage adéquates sont choisies afin d'assurer un jeu latéral correct.
La crémaillère de direction, en très bon état, ne nécessite qu'un bon nettoyage, un graissage, et le remplacement du flector. Les rotules de direction d'origine sont en très bon état également. Comme elles sont de plus démontables et réglables, nous pouvons conserver ces pièces d'origine. Les soufflets sont remplacés, et les biellettes remises en place sur la crémaillère.
Les deux demi trains peuvent alors être reposés sur la caisse. |
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Réfection de la boite de vitesses :
Avant de passer au train arrière, il faut s'occuper de la boite de vitesses, puisque celle ci supporte la traverse arrière.
Une réfection complète n'est pas prévue, car la boite fonctionnait parfaitement, sans bruits ni difficulté à passer les rapports, à l'arrivée du véhicule. Ce sont donc de "simples" contrôles qui seront effectués, un nettoyage, le remplacement des joints, et la reprise des réglages des roulements de différentiel.
Le démontage des carters permet de confirmer l'excellent état de la pignonnerie, des synchros, des roulements, et du couple cônique, pièce maitresse sur toute boite de vitesses.
Les carters sont repeints, et tous les joints remplacés: joints papiers, mais aussi joints spis de sortie et d'axe de commande.
Les joints des coquilles de sortie, par leur épaisseur, participent au réglage des roulements de différentiel. Il faut donc reprendre ce réglage en jouant sur le nombre et l'épaisseur des rondelles de calage. Ceci permet d'obtenir à la fois un jeu de denture correct, et un précontraite des roulements adaptée.
Les joints feutre des coquilles sont remplacés, de même que les dés de trompettes. Au préalable, nous avons bien entendu vérifié que les tourillons de trompettes sont en parfait état, sans usure ni marques.
Les croisillons n'ont ni jeu ni point dur, ils sont donc conservés après nettoyage et graissage. |
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Montage du train arrière :
Les trompettes sont fixées à la boite de vitesses, de même que la traverse par sa bride supérieure.
Les arbres de roues, munis de roulements neufs, retrouvent leur place, ce même que les flasques supportant un système de freinage remis à neuf.
Les ressorts et les tiges de débattement, munies de caoutchoucs neufs, sont montés.
Les roues sont posées, le train est terminé ! |
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Réfection du freinage :
Le freinage étant le premier élément de sécurité du véhicule, on ne fait jamais dans la demi mesure sur ce point.
L'intégralité du système hydraulique est donc remise à neuf: - Maitre cylindre et cylindres de roues neufs. - Canalisations et flexibles remplacés. - Mâchoires regarnies, avec une garniture tendre favorisant le mordant, plus agréable à la conduite. - Tambours rectifiés. Les flasques des tambours, amovibles sur ce modèle à roues étoile, sont centrées au tour, puis bridées en position sur les tambours eux mêmes, par perçage et pose de goupilles mécanindus.
Les éléments sont installés sur le véhicule, le pédalier reconditionné (remplacement des bagues), puis le système rempli au liquide silicone, qui assurera une meilleure longévité. |
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Réfection du moteur :
Le moteur doit être entièrement reconditionné, et surtout une légère préparation sera effectuée, afin de gagner en agrément d'utilisation du véhicule, et en sécurité dans la circulation actuelle.
1- Démontage:
Les travaux commencent logiquement par le démontage complet et le nettoyage des pièces. Nous le répetons souvent, mais rappelons ici encore une fois que le démontage est une phase cruciale de la restauration de la mécanique: en effet, c'est là qu'une grande partie du diagnostic est faite: c'est lors du démontage que l'on constate les jeux anormaux, les pièces corrodées ou déformées, des filetages prisonniers détruits, que l'on peut repérer un sens ou un ordre de montage, etc... Il ne s'agit donc pas simplement de démonter frénétiquement des éléments sans soin ni attention et de les poser sur des étagères, mais de faire, à chaque étape, et pour chaque pièce, une analyse de leur état et un diagnostic en vue des travaux ultérieurs.
Le moteur est désassemblé entièrement.
Le circuit d'huile est très encrassé et, bien que le moteur soit arrivé tournant à l'atelier, une très épaisse couche de boue/goudron est présente au fond du carter, et la crépine de pompe à huile en partie colmatée. Cela montre une fois de plus qu'après un arrêt prolongé d'un véhicule, il ne faut pas tenter de remise en route sans faire à minima une dépose du carter d'huile pour un nettoyage sérieux.
A l'image de la culasse, dont le tube d'eau est extrait, toutes les pièces sont nettoyées aux ultrasons.
Les carters en tôle sont décapés en vue d'une mise en peinture. |
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Réfection du moteur :
2- Préparation moteur :
L'objectif de cette préparation est d'obtenir un moteur bien sûr plus performant pour emmener cette petite 4cv dans la circulation dense actuelle, mais surtout de gagner en agrément d'utilisation ! On confond souvent une préparation réfléchie et raisonnée avec un "gonflage" approximatif. Il ne s'agit pas d'obtenir un moteur rugueux à l'aise uniquement dans les tours, ni de viser une augmentation de la vitesse de pointe. Au contraire, le moteur devra être souple et agréable d'utilisation, avec un couple présent dès les bas régimes, et une plage de régimes utilisables élargie, par exemple pour pouvoir franchir les faux plats et côtes sans perte de vitesse trop importante.
Voici les points déjà éprouvés avec succès sur d'autres moteurs, qui seront reconduits ici :
Taux de compression: Une diminution de hauteur de la culasse, ainsi que du bloc moteur, permettra d'élever le taux de compression, très faible à l'origine, sans pour autant exagérer puisque nous sommes en présence d'un moteur 3 paliers.
Bien entendu, la culasse est totalement remise à neuf par la même occasion: remplacement des guides de soupapes, des soupapes, et rectification des sièges. Lire ici l'article technique concernant la rectification des sièges, qui remplace avantageusement l'archaïque rôdage de soupapes.
Diagramme de distribution: Un arbre à cames spécifique est réalisé afin d'ouvrir le diagramme, par retaille de celui d'origine. Augmentation du temps d'ouverture des soupapes, et augmentation de la levée de soupapes.
Les poussoirs sont surfacés.
Equilibrage: Le vilebrequin sera équilibré dynamiquement avec son volant moteur, et les différentes pièces mobiles pesées pour une répartition identique sur chaque cylindre.
Carburation: Montage d'une pipe d'admission et d'un carburateur de plus gros diamètre qu'à l'origine, en l'occurrence un solex 28 IBT, avec sa pipe de Dauphine, à la place du 22 d'origine. Les conduits de la culasse sont modifiés en fonction, et un polissage effectué à l'admission.
Allumage: Montage d'un allumage électronique intégral cartographique, étudié spécifiquement pour ce montage.
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Réfection du moteur :
3- Remontage:
Toutes les pièces étant prêtes, il n'y a "plus qu'à" faire le remontage complet du moteur !
Les coussinets neufs sont placés dans leurs logements et enduits de lubrifiant d'assemblage. Le vilebrequin est mis en place, et les paliers extrêmes serrés au couple. Le palier central est pour l'instant en attente. Nous devons à présent en effet régler le jeu latéral avec les cales adéquates, opération indispensable dans toute réfection moteur.
On n'aura pas oublié de nettoyer les puits des boulons au préalable, ceux ci pouvant contenir de l'huile qui fausserait le serrage en créant au fond du filetage un bouchon.
Le volant moteur et l'embrayage sont posés sur le vilebrequin. On en profite pour vérifier le bon réglage des linguets, la glace devant être bien parallèle au mécanisme.
Passons aux ensembles chemises/pistons/bielles. Les pistons sont montés sur les bielles. Les segments sont mis en place en respectant leur sens, et le tierçage est effectué. Nous pouvons alors insérer chaque piston dans sa chemise respective, sans les inverser...car au préalable, le réglage des hauteurs de chemises a été effectué en même temps que le surfaçage du bloc moteur. Il n'y a "plus qu'à" serrer les chapeaux de bielles au couple.
Un pignon de distribution neuf est installé, de même que son axe, remplacé par sécurité pour éviter tout jeu intempestif.
La pompe à huile est le dernier élément monté au niveau du bas moteur, après un contrôle, surtout de son clapet de décharge.
La culasse peut alors être posée sur un joint neuf, au préalable pulvérisé avec un produit d'étanchéité. Comme pour les paliers, les filetages ont été au préalable nettoyés, et passés au taraud afin d'obtenir un serrage sans résistance. La culasse est alors serrée au couple en respectant l'ordre de serrage, et les culbuteurs sont immédiatement réglés.
Le collecteur d'admission/échappement est reposé sur la culasse (il a été décapé à l'acide, surfacé et repeint). On n'oublie pas d'utiliser des écrous en cuivre, qui sont à même de supporter les contraintes thermiques et d'éviter des fissurations du collecteur.
L'allumeur électronique, la pompe à eau, et le carburateur, sont posés dans la foulée.
Le moteur est prêt ! |
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| A suivre ! | |
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