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BRISTOL 405, 1955

Restauration peinture et sellerie, fiabilisation mécanique

 

Nous accueillons aujourd'hui une Bristol 405 de 1955.

Ce modèle est très rare sur nos routes, puisque le type 405 a été produit à 260 exemplaires seulement, dont 48 en conduite à gauche, ce qui est le cas du véhicule ici présent.

 

Bristol, en réalité "Bristol Aeroplane Company", est un constructeur d'avions Britannique qui, au sortir de la seconde guerre mondiale, décide de diversifier ses activités industrielles et se lance dans l'automobile.

Ceci explique la carrosserie très travaillée des véhicules de la marque, et l'utilisation d'aluminium, ainsi que le tableau de bord digne d'un avion.

Au niveau mécanique, Bristol puise des éléments existants dans la production automobile des années 50, ainsi le moteur 6 cylindres en ligne sont d'origine BMW par exemple.

 

Le modèle 405 est la seule berline 4 portes de la marque, qui visait plutôt un public amateur de véhicules sportifs, donc des coupés deux portes en général.

Malgré ses bonnes performances, son prix très élevé bridera le nombre de ventes, et le modèle sera rapidement abandonné.

 

Avec une peinture récente, le  véhicule que nous recevons aujourd'hui a un aspect flatteur au premier regard, et fonctionne convenablement...au premier regard là aussi.

Mais sous la peinture neuve, c'est en réalité ce que l'on appelle une véhicule "dans son jus", qui est loin d'être parfait et fiable.

Les travaux qui nous sont confiés sont donc:

- Réfection de la carrosserie, avec un changement de couleur.

- Réfection totale de la sellerie.

- Remise à neuf du freinage

- Fiabilisation du faisceau électrique

- Fiabilisation de la mécanique

 

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Réfection carrosserie :

 

 

Belle de loin, mais loin d'être belle" dit l'adage...c'est un parfait résumé de ce que nous avons sous les yeux.

Malheureusement, si la peinture ivoire récente, par ailleurs très correctement réalisée et bien tendue, donne un bel aspect au véhicule, un examen de détail met en effet en évidence de nombreux défauts.

 

La plupart de ceux ci sont liés à des problèmes de réglage et de tenue des ouvrants qui, supportés par des charnières directement vissées dans la structure en bois du véhicule, ne sont pas correctement maintenus.

Les portes ayant énormément de jeu, elles se touchent à l'ouverture, il en résulte éraflures et enfoncements multiples.

 

 

 

Un démontage complet du véhicule est effectué.

Pour faire un travail de qualité, cette mise à nu complète est indispensable.

Cacher les joints en laissant les vitrages en place, ou laisser en place les encadrements de vitres ou autres serrures, ne serait qu'un "bricolage" inimaginable sur un véhicule de cette gamme...ni sur d'autres d'ailleurs ;-)

 

 

 

Un premier ponçage est effectué, avec une mise à nu complète de l'aluminium sur certaines zones sensibles.

 

Celui ci révèle d'importantes déchirures au niveau des bas de portes du côté passager, aux coins à leur jonction au niveau du montant central.

Le montant lui même est également fortement décalé vers l'intérieur du véhicule, et les gâches de portes artificiellement décalées par l'ajout de plaques de métal entre elles et le montant.

De toute évidence, le véhicule a subi un léger choc à ce niveau, qui a été plutôt "masqué" que réparé en profondeur.

Avant toute autre chose, il faut donc utiliser un vérin pour réaligner correctement le montant, puis remettre les portes en ligne et les régler correctement.

 

Au niveau de la caisse elle même, nous trouvons les stigmates habituels de la vie d'un véhicule âgé de 60 ans: entre la couche d'apprêt d'usine, et la dernière épaisseur de peinture ivoire, plusieurs réparations antérieures sont mises à nu.

L'aile avant droite et l'aile arrière gauche, ont visiblement été réparées suite à un choc, rien d'inhabituel à ces endroits qui "frottent les premiers" en cas de maladresse en stationnant ou en manoeuvrant le véhicule.

Plus étonnant, le toit a l'aspect d'une balle de golf, il est constellé de petits enfoncements !

Le mystère restera quant à leur origine, l'aluminium est fragile et une quantité d'événements ont pu provoquer les dégâts: grêle, stockage d'objets sur le toit pendant un période d'immobilisation du véhicule, vandalisme, etc...

 

 

 

Tous les défauts de planéité constatés sont repris, les tôles redressées dans les règles de l'art, puis le véhicule est mis en apprêt.

 

 

 

Une longue séance de ponçage s'ensuit encore, puisqu'une fois l'apprêt appliqué, il faut dégrainer avec soin avant de peindre.
C'est très fastidieux et très long, mais 90% du résultat final, c'est la préparation et non la phase finale de peinture, bien
au contraire: une peinture met en évidence les défauts de préparation, mais ne les masque en aucun cas.

La technique consiste à appliquer sur l'ensemble du véhicule un témoin de ponçage, sortie de suie noire qui colore l'apprêt, puis de poncer celui ci à la cale.

En effet, la suie montre imperfections et autres cratères qu'il faut absolument supprimer sous peine d'obtenir une magnifique...peau d'orange !

Le ponçage à la cale permet de retrouver un support parfaitement lisse. Tant que nous voyons le témoin de ponçage, c'est qu'il y a des défauts.

Une fois tous ces défauts supprimés seulement, nous pourrons passer à la phase de peinture.

 

 

 

Par choix du propriétaire, la couleur du véhicule est changée.

Habituellement, c'est techniquement extrêmement complexe lorsque le véhicule ne subit pas une restauration totale, c'est à dire quand la caisse n'est pas totalement mise à nu et sablée.

Ici, nous pouvons accéder à la demande de changement de couleur, car sur ce véhicule, tous les intérieurs sont en noir satiné (compartiment moteur, coffre, habitacle), et que des joncs sont rapportés dans tous les encadrements.

 

 

 

Le coloris choisi un est gris métallisé sombre, qui donnera une grande élégance au véhicule, d'autant que son intérieur sera garni de cuir rouge.

 

 

 

Nous décidons de ne pas remonter les accessoires de carrosserie avant d'avoir effectué la totalité des travaux de sellerie et de mécanique.

Toutefois la face avant est remontée, pour le plaisir des yeux uniquement !

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Travaux de sellerie :

L'intérieur étant totalement nu, nous en profitons pour appliquer une couche d'antirouille sur les plancher, qui sont les seuls éléments en tôle du véhicule !

 

 

Nous pouvons alors poser, afin d'améliorer le confort accoustique, quelques plaques d'insonorisant goudronné, et une thibaude.

 

 

La sellerie d'origine, très avachie et au cuir passé, est trop endommagée pour être réutilisée telle quelle, et sera entièrement refaite.

Notre client choisit un coloris rouge dit "grenadine", qui ira à merveille avec le gris anthracite de la carrosserie.

Les passepoils, qui pouvaient d'origine être au choix de la même couleur que la sellerie, ou de la couleur de la sellerie, seront ici rouges également, dans un souci d'homogénéité et d'élégance.

 

 

Avant de remonter la sellerie, nous effectuons quelques interventions mécaniques sur les éléments qui seront inaccessibles après la pose de la plage arrière et de la banquette.

Ainsi, le réservoir d'essence est déposé afin d'être nettoyé, et les amortisseurs remplacés.

L'état de la jauge à essence parle de lui même, et il est inutile de faire un long discours sur l'état d'encrassement du réservoir !

 

 

Les mousses des sièges sont entièrement refabriquées pour un bon confort, puis tous les éléments sont garnis de cuir neuf.

Notre sellier prend un soin particulier, sur ce véhicule haut de gamme, à utiliser des techniques offrant le meilleur rendu et des coutures invisibles.

 

 

Les moquettes sont également entièrement refabriquées sur mesure, en laine épaisse comme à l'origine.

Pour les premiers essais du véhicule, nous utiliserons cependant les anciennes moquettes en guise de surtapis, afin de ne pas risquer de salissures sur les nouvelles !

 

 

Le tableau de bord et sa casquette nous donnent du mal, la nécessité d'utiliser une unique pièce de cuir, sans coutures, pour cette pièce complexe, rend la pose délicate. Il faut d'abord affiner le cuir, puis le mettre en forme, afin qu'il épouse parfaitement les galbes.

 

 

Les sièges sont posés dans le véhicule, le rendu est très esthétique et l'harmonie des couleurs avec la carrosserie réussie.

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Restauration du freinage :

Même si il n'est pas prévu de restauration en profondeur de la mécanique, le freinage est un sujet incontournable, élément de sécurité sur lequel nous ne transigeons jamais.

 

L'intégralité du freinage sera donc revu: cylindres de roues, maitre cylindres et flexibles neufs, garnitures neuves et tambours rectifiés.

L'utilisation de liquide silicone est aujourd'hui un "standard" lors de la réfection d'un véhicule ancien qui roule peu, il sera donc utilisé sur ce véhicule.

 

Les mâchoires sont regarnies avec des garnitures plus tendres qu'à l'origine, afin d'obtenir une puissance de freinage supplémentaire, et un plus grand confort d'utilisation.

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Fiabilisation mécanique :

Le véhicule, arrivé par la route sans grave défaut de fonctionnement connu, ne sera pas restauré au niveau mécanique.

 

Cependant, afin d'offrir au conducteur plus de confort d'utilisation et de fiabilité, nous allons effectuer une révision d'entretien complète, et effectuer quelques améliorations.

 

Il est à noter que le moteur équipant le véhicule n'est pas celui d'origine, mais un "100D2", très intéressant.

Toujours en cylindrée de 2 Litres, c'est une version préparée qui délivre 125ch.

 

Dans un premier temps, tous les joints du haut moteur sont remplacés, celui ci fuyant de toutes parts.

La technologie et le type de montage utilisés ne favorisent pas l'étanchéité en huile de ce moteur, mais nous allons tenter de réduire au minimum ce désagrément.

Le cache culbuteurs gauche, en deux parties reliées par un joint central, est en particulier une cause de fuites récurrentes.

Nous préférons fabriquer nous mêmes tous les joints, taillés dans des feuilles de liège à l'épaisseur voulue.

Nous en profitons bien entendu pour repeindre les différents carters, dont les caches culbuteurs, en noir brillant.

 

Le réglage des culbuteurs est repris.

Il est à noter que Bristol préconisait un jeu aux soupapes nul à froid, mais conseillait en même temps de faire un réglage à 5 centièmes par sécurité !

Comme nous trouvons avant réglage des jeux très uniformes à 30 centièmes sur toutes les soupapes, et que le moteur ne faisait aucun bruit de claquement, nous nous permettons quelques libertés avec la théorie et choisissons un réglage à 10 centièmes.

Il vaut mieux faire cette petite entorse, que de risquer de griller une soupape parce qu'une révision d'entretien a été oubliée ou qu'un petit défaut mécanique a provoqué une diminution du jeu.

 

L'allumeur d'origine, avec réglage de l'avance manuel au tableau de bord, est remplacé par un modèle électronique intégral programmable, dont nous choisissons la courbe afin que le conducteur n'ait plus à se soucier du réglage manuel.

Il permet également de s'affranchir de l'entretien fastidieux des vis platinées, et offre de meilleurs performances.

Bien entendu, son montage s'accompagne de celui d'un faisceau antiparasité efficace, ainsi que de la pose d'un bobine neuve aux performances adaptées.

 

Les trois carburateurs Solex, usés jusqu'à la corde,  sont purement et simplement remplacés par des modèles neufs.

 

Le refroidissement est remis à neuf, mais force est de constater que le sujet est délicat sur les Bristol, très sensibles à la surchauffe en général.

La pompe à eau est neuve, le calorstat remplacé et le radiateur de refroidissement remis à neuf.

Mais la configuration de celui ci, ainsi que son montage, laissent perplexe: en général, l'entrée et la sortie d'un radiateur sont diamétralement opposés et aux points hauts et bas, pour que le liquide circule dans la totalité du radiateur.

Ici, nous avons la sortie du même côté que l'entrée, et de plus à mi hauteur du faisceau ! La circulation du liquide de refroidissement n'est donc pas optimale.

 

Le montage du radiateur dans le compartiment, très en avant et loin de l'hélice de ventilateur, est tout autant sujet à discussion...d'autant que l'hélice ne comporte que deux pales fines.

Une fois n'est pas coutume, nous étudierons donc peut être la possibilité d'un montage plus performant, une fois le résultat des premiers essais routiers connu.

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Circuit électrique :

Le véhicule étant arrivé par ses propres moyens, avec l'ensemble des accessoires électriques en état de marche, voilà un sujet qui nous avait semblé simple au premier abord.

Certes, le klaxon ne fonctionnait pas, certes nous avions bien constaté quelques dominos domestiques ici et là, certes deux fils étaient étrangement en l'air au niveau du "tableau électrique" principal sous l'aile...mais tout étant en état de marche, nous ne nous étions pas inquiétés outre mesure.

 

Mais un essai plus approfondi nous permet de constater que, ô surprise, une odeur de brûlé se dégage du compartiment moteur lorsque quasiment n'importe quel accessoire électrique est actionné pendant plus d'une trentaine de secondes !

Seuls les clignotants font sauter l'unique fusible présent, les autres éléments provoquent une surchauffe progressive des fils et connections.

En dégraffant les gaines de la carrosserie pour dégager le faisceau, nous découvrons des connecteurs presque tous brûlés, mais aussi des fils en l'air en grand nombre, et encore d'autres simplement "entortillés" entre eux sans protection en guise de jonction.

 

Devant un problème d'une telle ampleur, d'autant plus "intimidant" que le véhicule est câblé avec le positif à la masse, il faut procéder par étapes sans se laisser décourager par l'ampleur apparente de la tâche: on règle un défaut visible, puis on passe au suivant, et au suivant...

Toutes les connections sont ainsi reprises, les fils isolés, les gaines remplacées, tout en vérifiant pas à pas la conformité avec le schéma électrique.

Au bout de plusieurs heures de recherche, nous trouvons enfin la cause du court circuit global: un fil d'alimentation du faisceau est pris sous une patte de fixation de la face avant sur le chassis !

C'est sans doute comme cela depuis des années, mais petit à petit la gaine pincée s'est usée et a fini par faire contact.

 

 

Dans un souci de fiabilité et de simplicité d'utilisation, dans le même esprit que le montage de l'allumage électronique, nous remplaçons la dynamo par une "fausse dynamo": en réalité un alternateur monté dans un corps de dynamo, avec un régulateur intégré.

Esthétiquement très proche de l'origine, cela permet d'avoir un circuit de charge performant et moderne.

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A suivre...  

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